Puis il se mit à pleuvoir. Pas la petite pluie fine de bord de mer, pas l'averse aussi violente que brève qui laboure le sol et les épaules quand on a le malheur de se trouver dessous, non, cette pluie moyenne qu'on devine devoir durer de longues heures, qui collait mal avec l'orage qui grondait déjà de plus en plus violemment. Aussitôt ma charmante compagne couru dehors, riant aux éclats, se rafraichir de la bienfaisante eau qu'on avait tant souhaité ces derniers temps.
Pour ceux qui s'imaginent une nymphe délicate courant, à demi nue, sous une pluie tropicale et chaude et bienfaisante, l'eau glissant sur son dos, diablement jolie à regarder, et qui se serait précipité aussitôt à sa suite, riant et jouant avec, sachez que la réalité est tout autre. Cette fille, charmante au demeurant, aurait sûrement bien apprécié que je me joigne à sa liesse. Mais d'une, la pluie était froide, et de deux, le charme de la nymphe en question c'était pris une sacré claque. Imaginez un peu l'attirance que vous éprouveriez pour une demoiselle aux cheveux dégoulinants, grelottant déjà, et voulant se blottir contre votre torse protecteur, imaginez un peu l'odeur de la sueur des mois de forte chaleur sans eau mélangé à celle assez particulière qu'évoque un chien qui rentre au domicile après avoir pataugé dans les flaques. Comprenez donc que sans être rustre pour autant, j'étais assez peu inspiré pour une nouvelle partie fine.
Donc, il pleuvait, et bien avec ça. Et l'orage et les éclairs me firent me souvenir, subitement, qu'on était tout simplement réfugié dans le seul bâtiment à des lieux à la ronde, et que si foudre il devait tomber, ça serait immanquablement sur nous. Il nous fallait quitter notre abris et aller le plus vite possible nous réfugier en ville, séparée de nous d'à peine deux heures de marche. J'avais naturellement invité ma belle à venir chez moi, où elle trouverait un logis agréable et chaud et confortable, et elle m'avoua préférer cette solution plutôt que de rentrer seule chez ses propres parents, ce qui l'aurait obligé à faire autant de route de toute façon, mais seule. Les deux heures avaient été pénible à l'aller sous la chaleur étouffante, mais ne le serais pas moins sous cette pluie et l'orage. Il faisait de plus en plus sombre, parce qu'en plus des nuages le temps passait, et que le soir était déjà bien entamé. On devrait donc marcher sous la pluie et la nuit, vêtus simplement des morceaux de tissu les plus fins et les plus légers qu'on avait pu trouver pour supporter la chaleur. Autant dire que ça s'annonçait plutôt pénible.
Ce le fut bien, au delà de toute mesure. Parce qu'en plus de l'obscurité qui nous cachait les cahots du chemin, en plus de la pluie qui nous aveuglait et nous trempait jusqu'aux os, en plus de la fraicheur subite qui se faisait sentir, il y avait la boue. Parce que cette fameuse terre devenue poussière au fil des mois de sécheresse avait soif, oui, et buvait allègrement, mais comme un être privé de nourriture longtemps a du mal l'abondance revenue à se nourrir convenablement, cette terre desséchée n'arrivait plus à boire. La boue, donc, qui alourdissait nos jambes déjà plombée par la fatigue consentie l'après-midi même.
J'étais sûr de connaître la route pour retourner en ville. De toute façon ma compagne d'infortune connaissait le chemin aussi, et n'avait pas sembler douter d'être dans la bonne direction. Et nous marchions depuis longtemps déjà, sans voir devant nous la moindre lueur annonciatrice de l'abris promis. Nous étions fatigués, nous avions faim, froid. Il était trop tard pour faire demi tour, et nous étions trop épuisé pour avancer encore. Eitinoa (car tel était le nom de la fille) s'effondra soudain. Je m'arrêtais, me penchait vers elle. Elle avait les yeux ouvert, respirait fortement, épuisée et essoufflée. Je ne peux pas aller plus loin. J'en peux plus. Bon, me dis-je, puisqu'on a pas le choix. En même temps, j'étais bien content qu'elle craque la première, moi même j'étais à bout, mais ma stupide dignité de mâle m'interdisait d'abandonner avant elle. Alors doucement, je m'allongeais tout contre elle, l'entourant de mes bras, la protégeant du mieux que je pouvais de la pluie, offrant mon dos au ciel, veillant à ne pas l'écraser. Et nous nous endormîmes là.
--- (3) (ça devient une habitude)
Fièvre de WoW
P'tit détour sur mon passe temps favori, envie de montrer un peu à quel point on sait être pitoyable quand on s'y met.
Première série : wipe à Drak'Tharon, sur les packs situés derrière un escalier juste avant le PREMIER boss. Alors que d'habitude on passe sans aucun soucis, là, un groupe de 5 pas si mal équilibré et surtout über stuff vu la difficulté réelle... Wipe à répétition, parce que jouer sur priver, c'est pas que kikoo grace aux bugs qui rendent le jeu facile, c'est aussi wipe en boucle à cause de bugs qui rendent le jeu plus difficile que ce qu'il est en réalité.
Parce que pour moi, avoir 12 trashs qui déboulent en même temps, c'est pas "que" un pull foireux, parce que pour moi, quand le journal de combat affiche 6k de dégats EN TOUT et qu'un tank d'à peine 28k meurt pour ça, c'est pas que parce que le heal se touche...
Oui, voilà ce que ça fait, quand on wipe en boucle sur un pack de trash. Mal. Abandon de l'instance because mal script, ça fait mal au derch.Mais comme on a aussi des moments sympa et pas trop foireux, le down de Sartha 10 sans add (oui, facile) à 5. Oui, facile, mais on s'en fout, ça fait bien plaiz, pour le principe. Quoique pour la facilité, oui oké on a down les 3 rigolos avant, mais faut aussi préciser que tout le combat j'ai eu le droit à un mob invisible et inciblable qui me tapait à 1,5k toutes les 2 secondes. Je suis le heal. Voilà, me heal et heal le tank en même temps, en sachant que je dois pas un seul instant me laisser distraire, que toutes les 2 secondes je vais avoir un coup qui va ralentir mon incantation, etc etc... Un p'tit peu de fun, quoi. Si on ajoute à ça un tank en stuff pvp, un chaman qui se prend pour un tank, un mage à 800dps full buff (huhu...), ça transforme un down easy en réelle partie de fun et plaisir à jouer. Parce que pas si évidente dans son dénouement. Et donc Sartha down à 5, moins de 8, donc HF bonus.
Le clean de Gundrak aussi, première fois vu qu'à cause des lags, erreurs de script et autres déco sauvages on avait jamais pu tenter. Découverte et clean dans la foulée, avec la joie des mobs qui attaquent en passant sous la map, des mobs qui oublient de mourir ou ce genre de truc. Sympa.
--- (2) [WiP]
Le soir, comme d'habitude, on s'était réuni, toute la bande, pour une beuverie sans nom qui s'étendrait jusqu'à une heure avancée de la nuit, avant notre promenade dans les rues à hurler des insanités à la lune. Ouais, une bande de pochtrons braillards, quoi.
Les jours passèrent, comme on dit, et aucun changement dans nos habitudes, ni dans la météo. Les paroles du vieux pourtant ne cessaient de me revenir en tête. Ça sent la pluie. Ben tient... Je crois bien que j'étais le seul de la bande que ça tracassait. J'suis pas sûr, hein, mais bon... On en a jamais parlé après, même avec ceux qui sont restés.
Les changements ont eu lieu, pourtant. Oh, pas si longtemps que ça après, en fin de compte. Une histoire de semaines, deux maximum. Le jour où ça a commencé, j'étais en « promenade ». C'est à dire en fait en expédition sans la bande, qui pour mon projet du jour m'aurait plus gêné qu'autre chose. J'avais repéré une charmante donzelle, des plus... avantageusement proportionné, diront nous, et j'avais pu remarqué que la drôlesse en question n'était pas indifférente à mon charisme naturel, dont il faut bien le dire, je dois être éternellement reconnaissant à mes parents. Je cheminais donc tranquillement … enfin, douloureusement, il faut le dire, dans la chaleur pesante du début d'après-midi, étouffant sous la poussière et le poids de la température.
Donc, je marchais, je voyais déjà la charmante bâtisse où nous nous étions fixé rendez-vous, une simple grange à l'écart de toute habitation, comme il est de coutume dans la région de répartir les différents lieux de stockage à côté même des lieux de production plutôt que des lieux de consommation comme c'est le cas à Yeur. J'y étais presque, tout fébrile déjà des promesses de ses regards de la veille, quand nous avions convenu de ce rendez-vous. Et là, à quoi, quelques mètres à peine de la porte, tandis que je la voyais sur le seuil, m'attendant, le sourire au lèvre, l'incroyable, une goutte d'eau. Ploc. En plein sur mon crâne.
Coup d'arrêt. Je lève les yeux. Un seul petit nuage. Mais un nuage ! Des mois qu'on en avait pas vu, et là, un nuage au dessus de ma tête, et moi qui m'en aperçoit à peine tant on a tous perdu l'habitude de guetter anxieusement l'azur au dessus de nos têtes. Un seul nuage, avec une seule goutte d'eau, et il fallait que ça soit pour ma pomme. Bah. Haussant les épaules et hâtant mon pas, je finissais le trajet qui me séparait des bras de la charmante qui n'attendait que ça.
Quelques instants plus tard à peine, je me réveillais rompu mais satisfait. Je m'étirais, normal, assez content de moi, comme il se doit, et me levant, je m'apprêtais à marcher vers la lumière du jour, la porte étant resté ouverte. Oui mais voilà, de lumière, il n'y avait pas.
J'pensais pas avoir dormi tout le jour, j'étais plutôt perplexe, et je m'approchais de la porte qui dans la pénombre ambiante se détachait à peine des murs. Dehors, le noir. Pas la nuit, non, l'obscurité d'un ciel entièrement recouvert de nuages. Un ciel uni, parcouru parfois de traits de feu instantanés... Il faisait moins chaud que quelques heures avant, mais beaucoup plus lourd. L'orage, un orage se préparais, assez gros si je pouvais en juger de par la quantité de nuage..
J'appelais ma compagne de l'après-midi. Elle vint se blottir contre moi, curieuse marque d'affection dont on avait bien perdu l'habitude, tant la chaleur ambiante de ces derniers mois nous rendait pénible les contacts physiques. Là, non. C'était agréable.
On regardait le ciel, sans rien dire.
MàJ et divers.
- Un p'tit "Félicitation" et un gros "GG" à Kahlan, palad-insane, père depuis un peu plus d'une semaine du petit Piotr, né en terre de Russie. On le voit moins du coup, mais on comprend.
- Un coup de pub pour un bouquin que j'ai ni acheté ni lu, mais que sérieux, connaissant un peu les auteurs, ça doit être bien, et si on en croit les commentaires, ça doit être encore mieux : Fausse Maman. P'tit copié collé :
Panda est inconsolable. Il a entendu dire qu'il avait une fausse maman.
Canard et Castor ne comprennent pas. Une maman en plastique ? Une maman robot ? Comment peut-on bien avoir une fausse maman ?
Mais là n'est pas le problème. Panda n'est pas né dans le ventre de sa maman. Ceci dit, Canard non plus.
Les amis vont alors s'interroger sur le lien si particulier qui existe entre un enfant et sa mère.
Après un temps de réflexion, aucun doute ne persiste. Tous les trois en sont certains, ils ont bien une vraie maman. Saurez-vous deviner leurs arguments ?
Oui, ça a l'air énorme :)
Profitez en bas de page pour admirer le T-Shirt "Kant", si vous savez pas quoi m'ofrir pour Noël ;)
- Sinon, je taf un peu sur la suite du message précédent. Pas content de moi, 3ème réécriture, toussa, mais ça avance :)
Bonne journée !
- - -
Nous étions, ma bande de copains et moi, une quinzaine en tout de joyeux fêtards. Nos parents formaient la partie la plus riche et prospère de tout les commerçant de la ville, et nous, leurs enfants, n'avions à nous soucier que de faire la fête. Ce qu'on faisait chaque soir avec fracas. Bien sûr, on était pas au dessus des lois, mais nos parents avaient assez de pouvoir pour que la milice fasse preuve d'un certain... laxisme à notre égard. Alors forcément, on avait autre chose à faire que de se préoccuper des délires d'un vieux fou qui aurait mieux fait de rester dans son trou campagnard.
J'me souviens pas trop comment ça c'est passé. J'imagine que c'est toujours comme ça, au départ, quand on est en plein dans les évènements, ils s'enchainent tout seuls, et même avec des années de recul, on ne comprend pas très bien comment on en est arrivé là. Enfin, pour moi, c'est comme ça.
J'me souviens de ce vieux qui un jour s'est arrêté au milieu d'une phrase, a levé les yeux au ciel, et tout d'un coup, sans que rien ne le laisse présager, au coeur même de la rue bondée, jour de marché oblige, le silence s'est fait. Alors le vieux a inspiré profondément, la rue entière suspendue à ses lèvres, attendant qu'il parle, car il devait parler, c'était une évidence ! Et il parla. Peu. Il nous dit « ça sent la pluie ». Rien de plus.
Nous, bien sûr, on a rigolé. La pluie ! Mais mon pauvre vieux, ça fait quatre mois qu'il en est pas tombé une goutte, y a pas un nuage, pas un poil de vent, comment veux-tu qu'il pleuve ! Et la rue de repartir à ses activités.
Oui, je crois bien que c'est le point de départ. Bon, ça faisait en effet quatre mois, plus même, qu'il n'avait pas plu une goutte d'eau, la terre n'était plus que poussière, la récolte d'été gâtée irrémédiablement, et malgré tout, en bonne cité commerciale, on vivait quand même bien. La sécheresse faisait gueuler les paysans et les anciens, mais le coeur de la ville était jeune, et nous, on s'en foutait.
Je n'ai jamais revu ce vieux.
Promesse
Envie d'utiliser un langage plutôt courant voire familier, des images communes et des stéréotypes, des personnages décors décalqué sur l'imagerie populaire du rustre campagnard qui n'a rien contre l'étranger mais le reçoit avec un fusil à portée (on sait jamais), qui n'est pas alcoolique mais gueule quand il a pas son rouge à table, etc etc, imagerie fausse, mais c'est tellement marrant de jouer avec.
L'idée est là, juste pas le temps ce soir de m'y mettre vraiment. Dès demain, donc. C'est une sorte de promesse. Aaaah, ben le voilà le rapport avec le titre ! Ouf ! Sauvé !


